Apprendre de l’expérience des autres

Apprendre de l’expérience des autres

Parce que ce sport est bien plus que de suivre la ligne noire au fond de la piscine, j’ai aimé lire les biographies de deux nageurs que j’admire, Ian Thorpe et Amanda Beard. Je sais que plusieurs jeunes nageurs ne connaissent pas ces médaillés olympiques, mais ceux dans la vingtaine se rappelleront les exploits de la « Torpille » australienne aux Jeux de Sydney et d’Athènes. Pour sa part, Amanda Beard s’est fait connaître aux Jeux olympiques de 1996 en remportant deux médailles d’argent (100m et 200m brasse) à l’âge de 14 ans.

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This Is Me: The Autobiography (offert en anglais seulement)

par Ian Thorpe (Natation)

J’étais très curieuse de lire la biographie de Ian Thorpe. Après tout, il est une icône du sport en Australie et les Australiens connaissent très bien la natation. Puisqu’il a toujours été très discret sur sa vie privée, je croyais que le point central du livre allait être composé des exploits sportifs, de la vie en compétitions et des apparitions publiques. Le livre a été publié en octobre 2012, donc avant la cure de désintoxication très médiatisée du champion.

Le livre est divisé en chapitres comportant chacun une date d’août 2011 à juillet 2012, puisque le but de départ de l’ouvrage était de raconter le retour à la compétition de Ian Thorpe en prévision de Jeux olympiques de Londres.

La biographie commence donc alors que Ian Thorpe s’entraîne dans le but de se qualifier pour les Jeux olympiques de 2012, campagne qui sera infructueuse. Dans les premiers chapitres, les événements de 2011 sont utilisés pour faire des retours en arrière et raconter certains moments marquants de la carrière du champion. Après les essais olympiques australiens en avril 2012, où le nageur échoue dans sa tentative de qualification olympique, le récit prend davantage la tournure d’une biographie traditionnelle, ce qui pour ma part m’a plu. La saison 2011-2012 de Ian Thorpe m’intéressait beaucoup moins que sa carrière avant son retrait de la compétition en 2006.

Cette biographie n’est pas ma préférée. On y parle très peu de la préparation mentale du nageur, de sa vision de l’entraînement et du sport. Il n’aborde pas beaucoup non plus les opportunités extraordinaires et les rencontres privilégiées que lui a apportées son statut de vedette sportive. Ce qui m’a également déplu ce sont les deux chapitres entiers consacrés à expliquer sa fondation, Fountain for Youth. C’est trop long, pas nécessaire et à certains moments, j’avais l’impression de lire un pamphlet faisant la promotion de la fondation. Aussi, contrairement à certaines biographies d’athlète que j’ai lues, où l’on dépeint l’athlète comme quelqu’un de somme toute ordinaire, qui a un talent particulier et qui a travaillé fort, ici, Thorpe semble insister sur le fait qu’il est très différent, pas nécessairement mieux, mais «bien spécial».

Toutefois, j’ai bien aimé les passages concernant son enfance, sa famille et sa façon de travailler avec ses différents entraîneurs. Et même si le sujet de la préparation de la performance n’est pas beaucoup abordé, mes passages préférés sont justement les rares moments où il nous explique comment il se sent à certains moments précis. Lorsqu’il raconte ses courses en Coupe du monde en 2011 ou encore la réaction à sa non-qualification olympique en 2012, on a vraiment l’impression d’être avec lui dans sa tête. Le texte nous fait alors bien comprendre ses émotions. Dommage que ces passages concernent majoritairement la saison la moins intéressante de sa carrière…

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In the Water They Can’t See You Cry: a Memoir (offert en anglais seulement)

par Amanda Beard et Rebecca Paley (Natation)

Je savais, pour avoir lu plusieurs articles sur la nageuse, que la biographie d’Amanda Beard abordait des sujets difficiles et sensibles. Il y est question entre autres d’automutilation, de dépression et de troubles alimentaires.

L’histoire de l’athlète est racontée dans l’ordre chronologique, du premier contact avec la natation jusqu’à l’écriture de ce livre publié en avril 2012. Cette biographie aborde des sujets très personnels et parfois difficiles, mais j’ai bien aimé la générosité et l’honnêteté de l’athlète qui a osé raconter certains moments très personnels.

Les sujets abordés sont parfois lourds, mais dans la façon de les raconter, on évite de tomber dans la dramatisation. Amanda Beard explique comment en faisant confiance aux bonnes personnes à divers moments de sa vie (entraîneur, père, conjoint, thérapeute), elle est arrivée à être en santé et très heureuse. Il y a donc de la lumière. Et puisque l’on raconte l’histoire de l’athlète en partant du début, cela nous aide à comprendre la source de ces divers troubles et permet de constater que personne n’en est à l’abri.

Contrairement à Ian Thorpe, dans sa façon de raconter son parcours, Amanda Beard ne cherche pas à projeter l’image d’une personne très différente de la moyenne. C’est d’ailleurs un élément présent tout au long de cette biographie, l’impression qu’Amanda Beard pourrait être quelqu’un de votre entourage ou vous-même. Elle raconte son histoire avec beaucoup d’humilité et admet dès le début avoir été privilégiée sur plusieurs points. Le message central est qu’elle est quelqu’un avec des peurs, des joies, des difficultés, comme tout le monde. Selon elle, tout le monde peut vivre des moments difficiles comme les siens, mais il est également à la portée de tous de trouver son chemin pour être heureux.

Les passages que j’ai le moins aimé dans cette biographie sont ceux où Amanda Beard parle de ses relations amoureuses. Selon moi, sa relation avec le nageur Ryk Neetling apporte tout de même quelque chose au récit en montrant les difficultés pouvant survenir lorsque deux athlètes de haut niveau, en particulier du même sport, sont en relation. Toutefois, à certains moments, en particulier lors des passages concernant le pilote de Nascar, il y avait trop de détails qui n’apportaient rien à l’histoire centrale de la biographie.

J’ai trouvé la lecture de In the Water They Can’t See You Cry difficile par moment en raison des enjeux graves qui y sont abordés. Mais à la fin de cette lecture, il en ressort un grand positivisme. On découvre dans ce livre que même si le sport d’élite nous fait vivre des hauts et des bas, des moments difficiles, souvent très difficiles dans le cas d’Amanda, il est possible d’y trouver son équilibre et d’être heureux.

P.S: Ces deux livres ne sont offerts qu’en anglais. Pour ma part, je les ai achetés en format numérique.

Pour d’autres suggestions de lecture, voir mon texte: DES BIOGRAPHIES POUR INSPIRER DES PERFORMANCES

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